 {"id":15,"date":"2014-06-28T14:18:37","date_gmt":"2014-06-28T13:18:37","guid":{"rendered":"https:\/\/www.gautier-deblonde.com\/?page_id=15"},"modified":"2016-03-17T12:02:32","modified_gmt":"2016-03-17T11:02:32","slug":"about","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.gautier-deblonde.com\/?page_id=15","title":{"rendered":"About"},"content":{"rendered":"<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\"><span class=\"s1\">Le travail de Gautier Deblonde semble relever d\u2019une d\u00e9marche \u00e0 mi-chemin entre reportage, documentaire et cr\u00e9ation plastique. Peu pertinente appara\u00eet d\u00e8s lors la notion de hi\u00e9rarchie entre ces trois genres chez un photographe tant familier du monde de l\u2019information que sensible \u00e0 celui des arts. A l\u2019intersection des tendances, mais jamais \u00e0 la d\u00e9rive, Gautier Deblonde est un photographe qui aime l\u00e2cher prise, tout en conservant ancr\u00e9s en lui discipline et sens du long terme\u00a0: ainsi de sa s\u00e9rie <i>Atelier<\/i>, matur\u00e9e pendant pr\u00e8s d\u2019une d\u00e9cennie avant de donner lieu \u00e0 un ouvrage publi\u00e9 par SteidlDangin en 2014.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\"><span class=\"s1\">De quoi s\u2019agit-il ? De lieux. De rencontres. Et, parfois, de l\u2019indicible : une lumi\u00e8re, une marque, une expression, un fragment d\u2019objet ou de mati\u00e8re. Gautier Deblonde s\u2019avoue fascin\u00e9 par les traces que laisse toute activit\u00e9 humaine. En ressort un r\u00e9el sens du d\u00e9tail, de ce qu\u2019il fallait remarquer. Comme autant de pas de c\u00f4t\u00e9, pour sugg\u00e9rer ce qui peut arriver au sein de l\u2019image ainsi qu\u2019en dehors du cadre. Transpara\u00eet sans cesse, des portraits d\u2019<i>Artists<\/i> publi\u00e9s par la Tate Gallery en 1999 aux \u00e9tendues blanches de l\u2019Arctique souvent photographi\u00e9es, la marque d\u2019une subjectivit\u00e9 discr\u00e8te et subtile, d\u2019une esth\u00e9tique de la v\u00e9rit\u00e9 d\u00e9nu\u00e9e de toute froideur. Rejaillit \u00e0 l\u2019esprit ce \u00ab\u00a0<i>All is true<\/i>\u00a0\u00bb invoqu\u00e9 par Balzac \u00e0 propos du r\u00e9alisme lui aussi tant documentaire que romanesque de son <i>P\u00e8re Goriot<\/i>. Mais avec un certain sens du d\u00e9calage\u00a0: Gautier Deblonde sait, quand le veut le contexte ou le sujet, se faire moins pr\u00e9sent, se retirer, s\u2019effacer.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\"><span class=\"s1\">La distance, voici peut-\u00eatre la cl\u00e9 de toutes ces images. Car si pour Gautier Deblonde prendre la photographie d\u2019un lieu ou d\u2019un personnage rel\u00e8ve avant tout d\u2019une longue impr\u00e9gnation du sujet et de sa bonne compr\u00e9hension, c\u2019est une pr\u00e9sence comme distendue qui semble dominer chacune de ses s\u00e9ries. Mati\u00e8re \u00e0 imaginer, \u00e0 se construire sa propre histoire avec le sujet\u00a0? Sans doute. Mais aussi n\u00e9cessaire respect de ce que croise l\u2019objectif. Alors vient le moment de photographier. Sans impulsivit\u00e9 ni fugacit\u00e9. Se pose la question du temps\u00a0: une technique photographique plus lente, un nombre limit\u00e9 de prises de vue\u00a0font de chacune de ces images un instant r\u00e9fl\u00e9chi, suspendu.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\"><span class=\"s1\">Le temps, donc : autre cl\u00e9 du travail de Gautier Deblonde, qui aime s\u2019arr\u00eater, contempler. Continuit\u00e9 dans la frontalit\u00e9 et recours \u00e0 des pauses longues lui permettent d\u2019instiller au c\u0153ur de ses images une v\u00e9ritable suspension du temps, capt\u00e9 autant que c\u00e9l\u00e9br\u00e9. Un temps de contemplation, de r\u00e9flexion, de repos. Un temps r\u00e9el, tangible\u00a0: celui d\u2019un lieu, d\u2019un objet, d\u2019une personne, d\u2019une vie. Il y a dans les photographies de Gautier Deblonde le sentiment d\u2019un <i>continuum<\/i> furtif, d\u2019une lin\u00e9arit\u00e9 contemplative. Comme si, de l\u2019atelier saisi en plein travail de Ron Mueck (le temps d\u2019un film command\u00e9 en 2013 par la Fondation Cartier pour l\u2019art contemporain, dont l\u2019esprit d\u2019arr\u00eat \u00ab\u00a0\u00e0 l\u2019\u0153uvre\u00a0\u00bb se retrouve dans son titre\u00a0: <i>Still Life. Ron Mueck at work<\/i>) aux rives sans \u00e2ge de Marie Galante, il ne s\u2019agissait que d\u2019une seule et m\u00eame d\u00e9ambulation calme et savante de l\u2019imaginaire, comme un long travelling lat\u00e9ral : on pense \u00e0 la sc\u00e8ne de l\u2019embouteillage dans le <i>Week-end<\/i> de Godard, documentaire lui aussi dou\u00e9 d\u2019une humeur. La d\u00e9marche de Gautier Deblonde n\u2019est d\u2019ailleurs jamais tout-\u00e0-fait \u00e9loign\u00e9e du cin\u00e9ma\u00a0: en t\u00e9moigne sa collaboration avec la r\u00e9alisatrice Lynne Ramsay sur le long-m\u00e9trage <i>Morvern Callar<\/i>, au sujet duquel par\u00fbt un livre chez ScreenPress en 2002. C\u2019est dans cette logique que l\u2019id\u00e9e de r\u00e9p\u00e9tition et de s\u00e9rie int\u00e9resse Gautier Deblonde. Sans doute parce qu\u2019il y retrouve cette discipline qui lui permet certaines audaces. Mais aussi de prendre un peu de ce temps et cette distance qui font toute la force de l\u2019\u0153uvre qu\u2019il construit avec constance et sagacit\u00e9.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: right;\"><span class=\"s1\">Nicolas Valains<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le travail de Gautier Deblonde semble relever d\u2019une d\u00e9marche \u00e0 mi-chemin entre reportage, documentaire et cr\u00e9ation plastique. 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